Sur les ailes de Gaëlle
Rencontre avec Gaëlle Vignaux, musicienne et chanteuse, qui sort son deuxième album : Cité Thorez. Attention : découverte !
Gaëlle Vignaux – avec deux l ou bien deux ailes... – est de Malakoff : elle y vit depuis le temps (court) qui sépare son bel aujourd'hui de sa naissance (cigogne et rose, évidemment, mais la cigogne avait tendance à ricaner en claquant du bec et la rose aux jolis pétales n'avait pas oublié d'aiguiser quelques épines). Auteur, compositeur, elle chante sa vie, ses amours et ses énervements ; elle chante sa ville, les gens et les ailleurs qu'elle parcourt avec ses musiciens au gré d'une carrière qui prend de l'allure. Son Malakoff, c'est celui de la cité Thorez – devenue une chanson qui a donné son titre et son atmosphère à l'album sorti il y a peu.
Elle y raconte une journée qui passe comme une jeunesse, quelque chose qui parle de vies qui se croisent avec plein de petites échappées belles sur des vrais morceaux de quotidien : « Je me suis toujours exprimée avec des images qui faisaient rire tout le monde, confie-t-elle, justement dans un éclat de rire. Je continue dans mes chansons... Cité Thorez, je l'ai écrite de la façon la plus sincère possible. Dans tous les grands ensembles, on vit dans une intimité imposée, on sait tout des voisins et on se doit le respect entre nous, justement à cause de cette proximité. Être observés mais respectés, cela peut sembler paradoxal mais ce doit être cela, vivre ensemble... » Un regard très éloigné des images préfabriquées qu'on peut avoir – facilité ou ignorance ? – des grands ensembles : « Au début, j'ai cru que ma cité était exceptionnelle... et puis, à chaque concert, partout en France, les gens viennent me dire que mon chez-moi ressemble à leur chez-eux... »
Répétition, pas très loin d'ici, dans un pavillon de meulière à Bagneux. Matin bleu et froid, café chaud, croissants sur la table ; autour, il y a Clément le violoncelliste, Sylvain le clarinettiste et Pierrick, fidèle à la guitare depuis les années lycée. Dans sa « bio » officielle – un petit morceau de bravoure... – Gaëlle évoque ses armes musicales aiguisées au thrash métal. On a du mal à imaginer... « Mais c'est vrai ! J'ai toujours eu une gourmandise de musique. J'écoutais, j'écoute encore tout : David Bowie, Magma et Simon and Garfunkel... La chanson française, Piaf, Brassens, Souchon... Actuellement, c'est Sia et Ilene Barnes – et tout ce qui est musique klezmer, et puis les chants inuits aussi... » Alors comment passe-t-on d'un groupe de reprises pop à la chanson française ? « Il y a quinze ans, je suis entrée à la Manufacture chanson de Paris pour apprendre à chanter un peu mieux que ce que je faisais avec mon groupe au lycée... Écrire, ça a commencé là... »
Avec ses trois musiciens, les chansons de Gaëlle Vignaux prennent une autre densité. « On voulait quelque chose de plus orchestré que l'accompagnement guitare très chanson française à texte. » Dès les premiers tours de chauffe, effectivement, ça swingue ! On entend la passion du klezmer, avec une pointe toujours de sourire tendre qui n'abuse pas de la gouaille – que Gaëlle évoque une mémé hors normes, les petits boulots alimentaires à l'agence « à ne pas embaucher » ou les caddies de supermarché, ce qui rappellera à chacun quelques souvenirs. On commence à parler d'elle, certains même évoquent quelques noms comme références (mais chut, elle n'en sait rien...). Alors plutôt que de lui coller des étiquettes avec deux t sur les deux ailes, allez donc découvrir son univers autour de Cité Thorez et des concerts qu'elle et ses trois complices promènent un peu partout dans la région !
DL
En savoir plus
Prochains concerts : le 16 avril à 20 h – Stock d’Atla (Paris). Le 19 avril à La Scène du Canal – Espace Jemmapes (Paris) : demi-finale Vive la reprise. Le 12 mai au théâtre de la Reine Blanche (Paris).



