Catherine Germain © Christophe Raynaud de Lage

  • Envoi à un ami

Catherine Germain

Inoubliable Médée en novembre dernier, à l'affiche des "Clowns" en janvier, on retrouvera Catherine Germain au théâtre Jean-Arp à Clamart en avril dans "Un amour". Portrait.

Mise en scène par Laurent Fréchuret, le directeur du Centre dramatique national de Sartrouville, elle est Médée. Telle quelle, le public des Hauts-de-Seine l’aura saluée à la fin du mois de novembre dernier au théâtre Jean-Arp à Clamart. Un moment d’une rare intensité dramatique grâce, notamment, à sa solaire interprétation de la plus dérangeante des héroïnes tragiques. Un rôle qui permet de prendre véritablement, non pas la mesure de son talent - que l’on savait grand - mais l’ampleur de sa trempe d'actrice.

Songez que Catherine Germain avance d’habitude sur les planches masquée, travestie en clown. C'est Arletti (avec un i), la clown. Atmosphère. « Comique ou tragique, peu importe », déclare-t-elle. Un classique du genre dont elle rend compte sans forfanterie aucune, avec une simplicité et une sincérité touchantes : « Je travaille sur la présence, sur l’engagement de l’être, dans un corps qui parle, une parole qui s’incarne. L’acteur se donne comme lieu d’échanges, entièrement, sans arrière-pensées. Rien n’est à lui. Tout passe par lui. Un vrai acteur est un étudiant permanent de l’âme humaine. Il expérimente une chose sur lui-même en mourant un peu  lui-même. Si les gens viennent au théâtre, c'est pour voir quelqu’un qui fait cette expérience pour eux. Et la transmission de cette expérience se fait de chair à chair. »

Ce travail, elle l’a engagé depuis plus d’une vingtaine d’années au sein de la compagnie L'Entreprise dès la création de la troupe en 1986 par le metteur en scène et comédien François Cervantes. Un nom qui est attaché à l’ensemble de sa carrière. Et qui a contribué à la mise au monde du clown Arletti. « François nous avait demandé de créer un personnage dont nous tomberions amoureux. À ce moment-là, nous ne parlions pas de clown mais d’ange. » Comme sur une toile vierge, elle a dessiné sur la peau de son visage les traits du personnage, se donnant cette « gueule d'amour » qu’elle adopte encore aujourd’hui et, qui, un jour, à l’occasion d’une séance d'improvisation, lui vaudra de s’appeler Arletti. Un ange passe. Le clown ne viendra au monde qu'après le grave accident de voiture et le long séjour à l’hôpital : « J’avais connu en même temps la peur de mourir et la joie d’être en vie. C’est là où le clown est entré dans ma vie tout court, à cette époque où j’étais en pleine reconstruction et où je venais de connaître dans ma chair le sentiment de vulnérabilité. .

Espiègle, joueur, naïf, Arletti croit dur comme fer aux choses auxquelles il croit. Et n’en démord pas. C’est sa fragilité, sa force comique. Le théâtre Jean-Arp vous donne l’occasion de faire sa connaissance à la mi-janvier dans Les Clowns et de le retrouver début avril dans Un amour, rencontre entre un danseur et une clown en état de grâce. Ou de transe ? À vous de choisir.

Marie-Emmanuelle Galfré

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