Visite : changer de siècle sans en changer
Des murs au grand tapis vert du parc, des bustes et peintures aux charmes des crocus et rhododendrons pontiques, suivez-nous dans ce lieu empreint de romantisme.
Visite guidée de la maison de Chateaubriand et de la Vallée-aux-Loups.
Dans le fin fond du jardin
Certes, il y a de nombreux visiteurs, surtout le dimanche. Mais même pris d’assaut par les curieux, ce lieu semble privilégié : on le sent protégé du temps qui passe, témoin d’une atmosphère qui, loin de sentir la poussière, respire à travers les murs comme à travers les arbres.
Oui, la maison de Chateaubriand et la Vallée-aux-Loups sont un écrin presque inimaginable à quelques kilomètres de Paris.
Une maison et des femmes
Ici, la maison et le parc forment un tout. Quand Chateaubriand achète le domaine, le 22 août 1807, il se compose un endroit bien à lui, en accord avec ses goûts. La façade de la maison qui donne sur le jardin est décorée d'un "portique de marbre supporté par deux cariatides dont le torse est antique".
À l’intérieur, on ne peut manquer, dans le grand vestibule, l’escalier en chêne à double branche, installé par l’écrivain.
Dans les pièces à visiter, on remarque surtout la sobriété, le calme et la chaleur des salons. La décoration est celle qu’on aimait à l’époque. Le papier peint, les tentures, les meubles, tout rappelle ce siècle, ce lieu où Chateaubriand aimait vivre.
Le lieu est également sous le charme de Juliette de Récamier, grande passion de Chateaubriand. Dans le salon bleu, on trouve le lit de repos sur lequel "la Belle des Belles" posa en 1800 dans l’atelier du peintre Jacques-Louis David. Médaillons, bustes, Juliette est partout, même si on découvre une partie de pièce consacrée "aux femmes qui ont charmé ce grand séducteur qu'était Chateaubriand".
"Parc miroir, parc d'écrivain"
Depuis la maison, le parc semble irrésistible. Les pieds dans les feuilles mortes, on respire ce joyau vert talentueusement mis en œuvre par Chateaubriand. Dans "Mémoires d'outre-tombe", notre écolo avant l’heure témoigne de la passion avec laquelle il se consacre à l'aménagement de son parc.
Des milliers d'arbres verts furent plantés : des catalpas, des tulipiers, des cèdres de Salomon… Là encore, le parc est un hymne aux voyages, dans lequel on a envie de se perdre. Été comme hiver.
Enfin, pas très loin de la maison, il y a le petit pavillon, connu sous le nom de Tour Velléda, en souvenir de l'une des héroïnes des Martyrs, roman épique écrit à la Vallée-aux-Loups. Ce bâtiment de brique et de pierre fut le cabinet de travail et la bibliothèque de l’auteur. Devant tant de simplicité, perdu au milieu des arbres, on comprend vite pourquoi !



